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Tatouer les histoires sur la peau

À seulement 20 ans, Mélusine Jallon a déjà tracé son propre chemin dans le monde du tatouage.

© Luc Schindelholz – La Vallée Magazine

DELÉMONT

Chez Mélusine Jallon, le dessin a toujours été une évidence. Petite déjà, elle noircissait des carnets, imaginait des silhouettes, cousait ses propres vêtements et explorait tout ce qui touchait à la création. D’abord attirée par la mode, elle s’oriente vers l’école de culture générale à Delémont pour toucher à tout: «On teste plein de choses: la bijouterie, la photo, vraiment plein de techniques différentes… C’est hyper intéressant.»

Pourtant, le cadre scolaire classique finit par l’étouffer. Presque par hasard, celle qui est originaire de Fregiécourt découvre l’existence d’une école de tatouage. Une révélation. Mélusine décide de s’y inscrire, non sans devoir convaincre ses parents d’abandonner un parcours plus académique.

«J’étais assez bonne à l’école, donc arrêter pour faire du tatouage, c’était compliqué à accepter pour eux, car mes parents voulaient que je possède un papier, une sécurité. Mais au fond de moi, je savais que je voulais faire de l’art.»

La formation, courte, lui apporte les bases techniques, mais celle-ci comprend vite que le métier ne s’apprend pas uniquement en classe. Loin de la décourager, cette part d’autonomie la stimule. Mélusine Jallon observe, teste, recommence. Elle affine son geste, développe sa précision, construit sa propre manière de travailler.

Très tôt, Mélusine fait le choix de l’indépendance. Plutôt que d’attendre une place dans un salon établi, elle installe le sien chez elle, à Delémont. Un espace pensé avec rigueur, où l’hygiène est une priorité absolue.

«Comme on travaille avec le corps et le sang, il faut que tout soit facilement nettoyable. C’est hyper important pour moi que les gens se sentent en confiance.»

Pour trouver ses premiers clients, elle mise sur la proximité. Une story privée sur Snapchat pour partager ses progrès, puis Instagram, et surtout le bouche-à-oreille. «Les gens voyaient déjà que je dessinais bien, donc cela a aidé. Et après, cela va très vite.» Ses premiers tatouages se font à l’école sur des volontaires, puis sur des connaissances. Rapidement, des inconnus prennent rendez-vous.

Des émotions fortes

Pour Mélusine, le tatouage dépasse largement l’esthétique. C’est une rencontre, parfois intime, souvent chargée d’émotion.

«Cela crée des liens avec les gens. Il y a des personnes qui vivent des émotions fortes pendant la séance, et je trouve ça hyper beau.»

Ce qu’elle préfère? Les clients qui lui font confiance:

«Quand on me dit “fais comme tu veux”, c’est le mieux. Ça me permet vraiment d’exprimer mon style.» Sur la peau, Mélusine Jallon cherche autant la finesse que la sincérité.

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