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«Quand je dessine, je ne pense plus à rien»

Filipe Esteves a fait un choix courageux: suivre sa passion pour le dessin, malgré les doutes et les risques. Entre personnages inspirés des mangas, affiches pour des événements locaux et paysages fantastiques aux couleurs vives, le jeune artiste de 20 ans construit peu à peu son univers. Rencontre avec un créateur qui transforme ses émotions en images.

© Alexander Loncke La Vallée magazine

COURRENDLIN

Filipe Esteves a fait un choix courageux: suivre sa passion pour le dessin, malgré les doutes et les risques. Entre personnages inspirés des mangas, affiches pour des événements locaux et paysages fantastiques aux couleurs vives, le jeune artiste de 20 ans construit peu à peu son univers. Rencontre avec un créateur qui transforme ses émotions en images.

Depuis l’enfance, le dessin occupe une place importante dans la vie de Filipe Esteves. Très tôt, il passe du temps avec un crayon à reproduire ce qu’il voit à la télévision, notamment des personnages de mangas et de dessins animés. «Depuis tout jeune, j’adore le dessin. Quand j’étais petit, c’était plus un hobby», explique l’habitant de Courrendlin. Et si ce simple passe-temps laissait place à quelque chose de plus sérieux? Au collège, l’encouragement d’une professeure de dessin joue un rôle clé. «Elle m’a beaucoup motivé en me disant que je pourrais me lancer là-dedans.» Soutenu par sa famille, le Jurassien continue à dessiner et développe un style inspiré des cartoons et du manga, un univers dans lequel il se sent particulièrement à l’aise.

Après le collège, Filipe tente de rejoindre une école d’art, sans succès. Il s’oriente alors vers un CFC de dessinateur en microtechnique, une formation plus technique. Mais après un an et demi, il réalise que ce chemin ne lui correspond pas vraiment. «Je ne me voyais pas du tout continuer encore deux ans là-dedans», confie-t-il aujourd’hui.

Décider d’arrêter cette formation n’a pas été simple. «Arrêter un CFC, ça fait forcément peur», reconnaît-il. Pourtant, ce choix marque un tournant pour Filipe Esteves, qui décide ainsi de se consacrer davantage au dessin et de progresser dans son art. Durant cette période, il expérimente aussi le graffiti avec son frère et commence à passer progressivement du papier-crayon au dessin numérique sur tablette.

Des projets concrets et un style qui évolue

Les premiers projets arrivent grâce à des collaborations locales. Filipe réalise notamment des affiches pour des événements, dont un concert organisé par le SAS et l’Estivalier. «On m’a demandé de faire une affiche, c’était la première fois», raconte-t-il. Cette expérience lui permet de se former, notamment dans l’utilisation des couleurs et du numérique. Une année plus tard, il est recontacté pour une nouvelle affiche. Et le jeune homme participe aussi à un projet pour des étudiants, qui ont monté une pièce de théâtre sur le cyberharcèlement.

Aujourd’hui, son style évolue vers des univers plus imaginaires. Le passionné s’intéresse aux paysages fantastiques et colorés, inspirés par des films et des mondes fictifs. «Maintenant, ce sont vraiment des paysages: très colorés, des forêts, des châteaux féeriques…» Pour lui, dessiner reste une manière essentielle de s’exprimer: «Quand je dessine, je me vide. Je ne pense plus à rien. Le temps passe tout seul.»

Devenir «concept artiste»

Aujourd’hui, Filipe Esteves regarde vers l’avenir avec détermination. Il prépare un portfolio pour tenter l’examen d’entrée d’une école spécialisée en bande dessinée et concept art en Valais. Cette étape représente une opportunité importante pour progresser. Son objectif est clair: «Le rêve, ça serait de travailler dans un bon studio… un studio de jeux vidéo.» Il souhaite développer ses compétences dans les paysages mais aussi dans la création de personnages.

Même si le jeune Jurassien sait que le monde artistique peut être incertain, il entend suivre sa passion. «Je préfère faire un métier que j’aime plutôt que de me renfermer dans un bureau», affirme-t-il. À plus long terme, il développe même des envies d’ailleurs: «Quand j’aurai fait une bonne carrière, j’aimerais bien aller travailler et vivre au Japon.»

En attendant, Filipe continue de progresser et de dessiner régulièrement pour améliorer sa technique et affiner son style. «Je vais tout donner pour y arriver!»

Alexander Loncke

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