«J’aime donner de la vie, une expression aux animaux»
Rencontre avec le taxidermiste Christian Schneiter, qui réalise également depuis quelques années des sculptures en bronze. L’habitant du Val Terbi nous présente ses œuvres et son parcours.
VICQUESClaudia Schweizer
5 min de lecture N°07 - AVRIL 2026
Mammifères marins, animaux polaires… Christian Schneiter, taxidermiste de Vicques, dévoile ses œuvres à travers le pays. «J’ai par exemple exposé les géants d’Afrique à la Tissot Arena de Bienne et dans d’autres lieux en Suisse. Selon l’ambiance que l’on veut donner et le thème, forcément les animaux changent», raconte le passionné. Avec ses expositions, l’habitant du Val Terbi souhaite surprendre le public.
Une véritable vocation
Fasciné par les animaux depuis l’enfance, notre interlocuteur s’est très vite destiné à ce domaine de la taxidermie. «Vers 12 ou 13 ans, je savais déjà que je voulais travailler là-dedans. J’avais vraiment une passion pour les animaux et cela s’est fait plutôt naturellement», nous confie-t-il. Très rapidement, Christian Schneiter s’est donc tourné vers une carrière dans le domaine.
«J’ai effectué un apprentissage de quatre ans dans le canton de Fribourg. Là-bas, je me suis vraiment formé. J’ai toujours cultivé cette passion et je suis dans le domaine depuis maintenant 40 ans.»
Chacune de ses œuvres nécessite un grand travail: «Pour un animal qui pèse entre 50 et 60 kilos, un âne ou un mouton par exemple, je dirais qu’il faut compter environ cinq ou six jours. Certains, comme les lions, demandent même une dizaine, voire une douzaine de jours.» À l’image d’un musicien ou d’un peintre, chaque taxidermiste habille ses modèles selon ses goûts et son style.
«Ce que nous proposons varie d’une personne à l’autre. Chacun y va de sa touche personnelle et c’est ce qui fait la diversité de notre profession.»
«Les êtres vivants, y compris les êtres humains bien sûr, il faut les côtoyer pour les connaître au mieux. Leur caractère, leurs gestes, leurs manies… j’aime donner de la vie, une expression aux animaux.» Originaire de Vicques, Christian a ouvert en 2010 les portes de son musée dans sa commune.
«J’habite depuis 33 ans à la filature, précise-t-il. Lorsque j’ai acheté la maison, j’avais du terrain et j’en ai profité. De plus, pour recevoir des groupes, c’était pratique d’être directement sur place.» Ouvert en tout temps pour les groupes et les écoles, le musée regorge de trésors impressionnants.
«Les visiteurs sont souvent surpris quand ils viennent ici. À la télévision, quand ils voient des animaux, ce n’est pas pareil. Ici, ils sont représentés en trois dimensions et à taille réelle.»
Une histoire de transmission
Lorsqu’il a débuté dans le métier, la Suisse comptait une septantaine de taxidermistes. Aujourd’hui, on n’en dénombre plus qu’une petite dizaine. Malgré ce manque apparent d’intérêt, Christian forme actuellement un jeune apprenti de Bellelay qui aimerait suivre ses traces.
«De moins en moins de jeunes s’intéressent à la taxidermie. J’étais donc content d’apprendre son engouement, se réjouit le professionnel. Je continue de lui montrer quelques bases avant qu’il ne se lance tout seul.»
Le taxidermiste souligne en ce sens que ses œuvres existent dans le but de laisser un héritage aux générations futures, ce que ne permettent pas les fossiles. Christian Schneiter préfère ainsi prioriser l’époque dans laquelle il vit.
«En taxidermie, nous nous basons sur du concret. Les espèces actuelles évoluent constamment. Nous pouvons le constater avec le retour du loup dans le Jura, typiquement. Nous devons nous tenir informés de ce qu’il se passe autour de nous.»
Depuis maintenant deux ans, le Jurassien, en parallèle de la taxidermie, s’adonne également à la réalisation de sculptures.
«Je suis en train de travailler sur une femme centaure, mais aussi d’autres projets. J’ai réalisé des animaux marins, comme des dauphins ou des baleines», énumère notre interlocuteur.
La matière de ces statues n’a pas été choisie au hasard par Christian Schneiter: «Le bronze ne rouille presque pas. Je me suis dit que cela pouvait être une bonne option pour mes sculptures. C’est grâce à une fonderie que je peux me le procurer.» Parmi ses projets du moment, et après un lion en bronze livré au Domaine des Fauves aux Abrets (France), le prolifique artiste prévoit de réaliser un jaguar pour un zoo.