COURRENDLIN
Jean-Pierre Nicolas-Cattin, 33 ans, exerce la profession de maréchal-ferrant. Cet amoureux des chevaux nous raconte son métier, qui est avant tout une passion apparue très tôt dans sa vie. En plus de prendre soin de la santé des animaux, le Jurassien veut partager ses connaissances.
On dit parfois que le cheval est la plus belle conquête de l’homme. Mais encore faut-il savoir en prendre soin. C’est le travail des maréchaux-ferrants, profession ancienne, répandue à l’époque où la traction animale était le principal moyen de locomotion. Désormais, ceux-ci sont évidemment moins nombreux mais restent indispensables au bien-être des chevaux.
C’est ce métier qu’a embrassé Jean-Pierre Nicolas-Cattin, habitant de Courrendlin. Originaire de Lajoux, il a développé très tôt cette passion pour la race équine. «J’ai toujours aimé les chevaux et j’ai toujours aimé m’en occuper lorsque j’étais enfant, nous confie-t-il. Le mercredi, lorsque le maréchal passait les ferrer, je restais pour lui prêter main forte.» C’est donc logiquement qu’il commence en 2008 un apprentissage de maréchal-ferrant à Biel-Benken, dans la campagne bâloise. Durant cette formation de quatre années, il apprend également le métier de maréchal-forgeron. En 2014, il s’installe comme maréchal-ferrant à Courrendlin:
«J’ai mon écurie et mon atelier dans le village. Mais c’est un métier itinérant et j’ai donc un bus qui me permet d’exercer mon métier là où on fait appel à moi».
Le bien-être du cheval au centre
Le trentenaire est enthousiaste lorsqu’il aborde sa profession: «Le contact avec les chevaux et les échanges de connaissances sont d’excellentes raisons de se lever le matin.» Et ce métier se veut très varié, requérant de la technique, du tact et une grande compréhension du caractère de chaque cheval. Il existe également de nombreuses manières de ferrer, «spéciale, standard ou traditionnelle».
La manière de ferrer le cheval dépendra aussi de la pratique de son propriétaire: randonnée, saut d’obstacles, course, attelage… «C’est un métier qui est également éprouvant émotionnellement, développe Jean-Pierre Nicolas-Cattin. Car il faut parfois accompagner notre client dans des moments compliqués, lorsque le cheval souffre d’une maladie ou d’un problème de santé par exemple. On accompagnera parfois malheureusement le client jusqu’à la mort de son cheval.»
Le professionnel doit aussi développer un grand sens de l’écoute.
«En observant la manière dont le cheval cavale ou trotte, des indices apparaîtront pour savoir comment s’en occuper. Mais il est également nécessaire d’écouter le cavalier car nous ne voyons le cheval qu’une fois tous les deux mois tandis que ce dernier côtoie sa monture beaucoup plus souvent et la connaît évidemment bien mieux que nous.»
Former la relève
Les 15 maréchaux-ferrants qui exercent la profession dans le canton, dont quatre dans la Vallée de Delémont, n’ont pas le temps de chômer. Le maréchal-ferrant de Courrendlin prend cependant le temps de transmettre son savoir: «Je suis maréchal qualifié depuis 2017 et j’ai pu grâce à cela prendre des apprentis». L’un d’entre eux a d’ailleurs été sacré meilleur apprenti maréchal-ferrant aux Swissskills de 2025. «C’est une grande fierté, sourit-il. Ce qui est drôle, c’est qu’il vient de Biel-Benken, le village où j’ai fait mon apprentissage, c’est une sacrée coïncidence.»
Jean-Pierre Nicolas-Cattin dévoile également ses compétences et les spécificités de sa profession aux plus jeunes. Lors de leur semaine hors-cadre, les élèves de l’école primaire de Courrendlin peuvent effectuer un stage dans son atelier. «Nous leur montrons les rudiments du métier et nous essayons de transmettre notre amour des chevaux.» A la fin du stage, ils auront tous forgé la première lettre de leur prénom, un belle récompense.
S’il aime enseigner aux plus jeunes, Jean-Pierre Nicolas-Cattin nous confie qu’il ne cesse lui aussi de se perfectionner au fil des ans. «J’ai compris que plus on apprend, plus on voit qu’on a encore besoin d’apprendre de nouvelles techniques ou d’acquérir de nouvelles connaissances!»
Jérémie Miserez