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«On doit s’adapter tout le temps, à chaque situation et à chaque table»

Après avoir été engagée à ses 18 ans comme serveuse au Campus à Delémont par le célèbre «Babouin», Yvette Koller a repris les rênes de l'établissement en 1995 pour ne plus les lâcher. Maman de Noa, 25 ans, toujours au four et au moulin et fourmillant d'idées, l'Yvette est un personnage incontournable de la Vallée.

© Luc Schindelholtz – La Vallée Magazine

DELÉMONT

Après avoir été engagée à ses 18 ans comme serveuse au Campus à Delémont par le célèbre «Babouin», Yvette Koller a repris les rênes de l’établissement en 1995 pour ne plus les lâcher. Maman de Noa, 25 ans, toujours au four et au moulin et fourmillant d’idées, l’Yvette est un personnage incontournable de Delémont, qui répond aujourd’hui à nos questions.

Quel coin vous redonne toujours le sourire, même après une journée compliquée?

Dans ma voiture! Je me mets la musique – de l’électro – à coin et je vais faire un tour dans la région. Ça me redonne la pêche en toute occasion!

Votre souvenir d’enfance le plus vivant?

A Bourrignon, à l’époque, la route était notre terrain de jeu: on slalomait en patins à roulettes, on faisait du badminton et l’hiver, on glissait sur cette route. On était tout le temps dehors.

Un produit local que vous défendez bec et ongles?

La fondue de Bourrignon évidemment! Un bon sac à dos, un caquelon et hop on va en tourner une à la forêt!

Votre endroit secret pour souffler?

J’aime aller marcher au Béridier. Depuis le point de vue, je prends de grandes bouffées d’oxygène et face à un tel panorama, je me sens apaisée.

Le plat que vous avez mangé 1000 fois, enfant?

Tous les soirs, au souper, on avait des roestis!

Il manque quoi à la Vallée?

Pour moi, il ne manque rien et je préfère mettre en lumière tout ce qu’on a. Et nous avons de belles choses! Par exemple, je suis une grande marcheuse et dans la Vallée et le Jura, je suis au paradis. 

Yvette Koller, née à Bourrignon en 1965, est issue d’une famille de huit enfants.
Crédit Luc Schindelholtz La Vallée magazine

Un mot jurassien que vous adorez glisser dans vos phrases?

Comme beaucoup, c’est le fameux «coidge-te bèdgel».

Vos bistrots jurassiens préférés… en dehors du vôtre?

J’adore la jeunesse et le dynamisme de mon voisin, Caner, patron du bar le 31. J’aime aussi l’ambiance du Bœuf et la qualité de la cuisine du Victoria.

Le plus beau compliment qu’un client vous ait fait?

Je l’entends souvent, c’est «félicitations d’être là depuis si longtemps au Campus».

Quelle tradition ou événement vous tient à cœur ?

Je souhaiterais que le vide-grenier que nous avons lancé il y a cinq ans ici dans le quartier de la gare devienne une véritable tradition locale.

Votre plat «signature» au Campus?

Les incontournables roestis, raclette, lard, oeuf et l’hiver et le rosbif l’été.

Une anecdote marquante en salle? 

Ma fille ado m’aidait parfois au service. Un jour elle devait servir deux assiettes en terrasse. Elles étaient tellement chaudes qu’elle n’a plus pu les tenir et les a posées par terre sur le tapis à l’entrée avant de les redonner aux clients…

Si le Campus était un animal…

Un caméléon colle bien avec notre métier. Avec la variété de notre clientèle, on doit s’adapter tout le temps, à chaque situation et à chaque table.

Votre secret pour survivre aux coups de feu?

Avoir ma sœur à mes côtés depuis 12 ans. Elle incarne la force tranquille qui me calme. Merci Nadine!

Un plat simple que vous mangez seule, sans jamais le mettre à la carte?

Deux œufs au plat avec de l’Aromat et du poivre!

Une chose que vous n’avez pas faite au Campus… mais que vous rêvez d’oser un jour?

Un silent party à Noël sous la neige! Une année, j’avais réservé 200 casques mais il a fait un temps de m****!

Votre devise en cuisine?

«Ça, c’est fait! Un de plus en moins!»

Comment reconnaît-on un «vrai bon client» en  trois secondes ?

Celui qui a de la patience lors d’un coup de feu et aussi celui qui me fait une remarque constructive.

Quel a été votre modèle?

Le Babouin (Frédéric Wahlen, ndlr) mon premier et seul patron. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à lui.

Propos recueillis
par Luc Schindelholz

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