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«Un nid de frelons asiatiques peut contenir jusqu’à 4000 individus»

Le frelon asiatique s’est étendu au territoire jurassien à partir de 2017 et commet depuis des ravages tout en se multipliant de manière exponentielle. Afin d’apporter des solutions au niveau cantonal, l’association Dare-dard a été fondée courant décembre 2025. Rencontre avec son président, le Delémontain Etienne Ory.

© Crédit: Pierre-Alain Fürst

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Le frelon asiatique s’est étendu au territoire jurassien à partir de 2017 et commet depuis des ravages tout en se multipliant de manière exponentielle. Afin d’apporter des solutions au niveau cantonal, l’association Dare-dard a été fondée courant décembre 2025. Rencontre avec son président, le Delémontain Etienne Ory.

Depuis quelques années, dès que le temps se réchauffe et que les Jurassiens se réapproprient leurs extérieurs, ils ne peuvent manquer ce gros insecte de deux à trois centimètres, reconnaissable à ses pattes jaunes, sa tête orangée et à son abdomen plus noir que celui de son homogue européen.

«Le premier spécimen a été découvert en 2017 dans le canton du Jura

nous raconte Etienne Ory

Président de l’association Dare-dard visant à combattre cet insecte exotique, ce Delémontain, enseignant en musique à l’Ecole de culture générale, est également apiculteur, comme sa compagne.

Une espèce envahissante et un danger

Le frelon asiatique a essaimé sur une bonne partie du continent européen comme la péninsule ibérique, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Suisse:

«Le premier spécimen a été découvert en 2017 dans le canton du Jura».

Mais bien que cet insecte ne soit agressif que si l’on approche de son nid, sa piqûre étant aussi douloureuse que celle de son congénère régional, le frelon asiatique constitue un réel danger pour l’écosystème. Il s’agit en effet d’une espèce envahissante qui n’a aucun prédateur et qui se reproduit donc de manière exponentielle.

«Il faut comprendre qu’un seul nid qu’on n’aura pas détruit donnera entre 50 et 100 nids l’année d’après, ajoute le spécialiste de 62 ans. Un nid peut abriter près de 4000 individus, donc cela peut devenir un danger pour le promeneurs, par exemple, lorsqu’ils sont installés en haut des arbres en forêts

L’une des particularités des frelons asiatiques est qu’ils construisent en effet deux nids dans l’année:

«D’abord, un nid primaire est fondé entre avril et fin juin. De la taille d’un ballon de football, il sera situé dans les constructions humaines comme l’intérieur de bâtiments, sous les toitures, dans des granges… Ceux-là sont faciles à trouver en faisant de la recherche active

Malheureusement, une fois l’été arrivé et si le nid n’a pas été détruit, les frelons vont migrer dans les forêts et tout en haut des arbres pour établir un nid secondaire. Celui-ci est beaucoup plus difficile d’accès et peut atteindre 80 centimètres de diamètre.

Outre les randonneurs, l’espèce est évidemment aussi dangereuse pour les ruchers:

«Le problème est qu’ils doivent nourrir leurs larves et que ces dernières ont besoin de protéines, explique le président de cette nouvelle structure. Et ils vont chercher la nourriture là où elle est en abondance, c’est-à-dire en s’emparant des abeilles.»

A la recherche de bénévoles

C’est pour faire face à cette menace que l’association Dare-dard a été créée le 3 décembre dernier , avec l’importante mission de canaliser la population de ces insectes envahissants:

«C’était la Fondation Rurale Interjurassienne (FRI) qui s’occupait en partie de ce combat mais, malgré tous les moyens mis en place, il fallait créer une association qui s’en occuperait spécifiquement».

Composée en grande partie d’apiculteurs inquiets, l’objectif de l’association est de détruire un maximum de nids afin de faire baisser la pression sur les ruchers.

L’association Dare-dard aura pour objectif de combattre le danger que représente le frelon asiatique pour l’écosystème régional.
Crédit: Pierre-Alain Fürst

«En 2024, une quarantaine de nids ont été détruits, rappelle notre interlocuteur. En 2025, les autorités ont trouvé 240 nids et en ont détruit autour de 170. Nous pensons que cette année nous en neutraliserons près de 600 si cela suit la courbe

Pour permettre de combattre la prolifération du frelon asiatique, il est nécessaire d’effectuer des recherches actives dès le mois d’avril car les nids sont plus faciles à détecter. «Toute personne qui verra un individu devra informer notre association». Cette dernière est à la recherche de bénévoles pour effectuer les recherches et la destruction des nids.

«Nous organiserons d’ailleurs une journée d’information le 30 mai prochain pour communiquer avec la population et recruter

Le but n’étant pas d’éradiquer la menace, ce qui serait mission impossible, Dare-dard cherche avant tout à limiter le phénomène, rappelant que sans une importante mobilisation, la population apicole chutera de manière drastique.

«Il faut noter également que le frelon asiatique va chercher de la nourriture ailleurs que dans les ruchers. En automne, il s’attaque aux arbres fruitiers comme les pommiers et les pruniers. Il fait des ravages dans les vignes et c’est à chaque fois catastrophique.»

Face à ces multiples menaces, l’association Dare-dard débutera son recrutement de bénévoles courant avril. 

Jérémie Miserez

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