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Le saxophoniste Benjamin Odiet, 27 ans, est le jeune président du comité de l’Harmonie Shostakovich, ensemble d’excellence composé des meilleurs musiciens de fanfare de la région. Portrait.
Benjamin Odiet, originaire de Courtemaîche, est membre depuis 2013 de l’Harmonie Shostakovich, qui réunit les plus talentueux musiciens de la région: «On avait demandé à ma maman, se rappelle-t-il. Malheureusement, elle n’était pas disponible. Elle a alors proposé tout simplement que je la remplace et c’est ainsi que j’ai intégré l’ensemble.»
Bercé dès la poussette par la musique de fanfare
Né dans une famille de musiciens, son papa jouant du trombone, sa maman, son parrain et son grand-père étant saxophonistes, Benjamin Odiet, qui a grandi à Courtemaîche, est très tôt jeté dans le bain des fanfares: «Mes parents m’emmenaient aux concerts et aux festivals alors que j’étais encore en poussette! En grandissant, ma passion pour cet univers n’a fait que se développer.» Il finit tout naturellement par adopter le saxophone, lui qui est friand de jazz et de musique classique. Le jeune musicien prometteur commence en tant que cadet à la Fanfare l’Ancienne de Cornol puis, rapidement, intègre la fanfare proprement dite: «J’ai longtemps joué avec mes parents, sourit-il. J’ai le souvenir d’être assis à côté de ma maman pendant les concerts.» Pour Benjamin Odiet, la musique est décidément une affaire de famille.

Un occasion à ne pas manquer
Benjamin intègre donc l’Harmonie Shostakovich un peu par chance mais il sait que mériter sa place sera très difficile: «J’avais déjà vu des concerts et je savais que le niveau était très élevé, poursuit-il. Aussi ai-je dû cravacher au début pour soutenir le rythme et le niveau musical mais j’ai toujours des ambitions musicales.» Cet ensemble, qui reste unique dans le paysage régional, réunit en effet les meilleurs musiciens de la région une fois par année pour jouer et travailler sur des morceaux de catégorie d’excellence. Ainsi, ces membres de fanfares jurassiennes peuvent s’attaquer à des compositions bien plus prestigieuses et plus exigeantes.
Très motivé, malgré la difficulté, l’adolescent parvient à s’imposer bien qu’il soit encore jeune: «Je n’avais que 15 ans, il n’y avait pas beaucoup de jeunes membres de l’ensemble à l’époque. Ça a été dur mais j’ai sauté sur l’occasion et bien m’en a pris. J’ai progressé et j’ai surtout compris que la fanfare n’était pas la fin, qu’il y avait tout un monde musical derrière.»
Il s’en rend également compte en 2016 en faisant partie de l’Harmonie nationale des jeunes. «C’était un niveau proche du professionnalisme et c’était juste incroyable pour moi, raconte-t-il. Nous étions 12 Jurassiens qui venions d’un petit canton et nous nous rendions compte qu’il y avait tellement de talents ailleurs en Suisse.»
De beaux souvenirs… et une belle progression
Depuis ses débuts avec l’Harmonie Shostakovich, Benjamin n’a pas manqué un seul concert. «C’est le 13e cette année!» Le jeune homme a apprécié chaque instant passé avec cet ensemble et certains moments restent gravés. «Je me souviens du concert de 2020 intitulé “Casanova”. Nous avions invité un chef de renommée internationale, Johan de Meij. Il était accompagné du violoncelliste Johan van Iersel. Être dirigé et accompagné par des professionnels de ce calibre m’a impressionné et fait comprendre que nous avions franchi un palier. C’était la première fois que nous ne nous contentions pas de faire une série de morceaux de musique. Désormais, nous avions un fil rouge dans le concert et nous n’avons pas arrêté depuis de nous améliorer, d’innover, etc.».
L’édition qui l’a également marqué est celle qui a été proposée au début de cette année, «Constellations». «Nous avons pu nous attacher les services du directeur musical Emile Sanglard, qui est Jurassien, et d’une soliste au piano, jurassienne également, Marie Guyot, s’enthousiasme-t-il. L’Harmonie Shostakovich a réussi à donner un concert de niveau international en ne prenant que des Jurassiens, c’est la preuve de notre progression.» Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est que l’ensemble puisse amener dans ses concerts d’autres cultures, d’autres thèmes, comme la cuisine, le monde de l’astrophysique…

Une présidence dans la continuité
Depuis le début du mois de mars, Benjamin Odiet occupe donc le poste de président de l’Harmonie Shostakovich: «C’est un honneur pour moi. J’étais dans le comité depuis de nombreuses années et le fait de reprendre la présidence de cette société est quelque chose d’exceptionnel.» Sa présidence se fera dans la continuité de cet ensemble musical fondé en 1999: «Nos statuts disent que l’Harmonie doit créer de meilleures pièces et apporter des compétences supplémentaires aux fanfares dont sont issus les membres. Car les musiciens qui jouent dans l’Harmonie Shostakovich repartent dans leurs formations de base avec un bagage supplémentaire inestimable, qu’ils peuvent enseigner à leurs collègues.»
Le jeune président, qui est par ailleurs architecte dans un cabinet bâlois, confie également voir d’un bon œil l’avenir de cette formation d’excellence: «Après chaque concert, nous n’avons que de bons retours des spectateurs qui sont heureux et qui ont adoré ce que nous avons joué». L’évolution de l’Harmonie reste exceptionnelle: «Nous avons commencé dans les halles des fêtes de villages puis nous avons pu nous installer dans la salle de Viculturelle, l’Atrium à Vicques, ce qui nous a permis de disposer d’un magnifique outil. Et désormais, nous nous produisons au Théâtre du Jura!» Des changements qui prouvent l’excellente santé de l’Harmonie Shostakovich et, plus largement, par la voix de ses membres talentueux, des fanfares locales.
Jérémie Miserez