DEVELIER
Marco Schaffner, alias CHROM, 28 ans, s’est découvert une passion pour le «DJing» en 2024. Naviguant entre house et hardgroove, cet artiste nous raconte son parcours et son attachement à la musique électronique.
«La musique me fait vivre des émotions qui me permettent d’extérioriser certaines choses, explique CHROM, Marco Schaffner à la ville. C’est sans doute pour cela que je l’aime. Je ne viens pas d’une famille de musiciens. Nous aimons la musique et nous en écoutons volontiers, mais ce n’était pas prédominant. Néanmoins, j’aimais avoir mes disques dans ma chambre.»
L’envie de se lancer dans la musique lui viendra plus tard. «En grandissant, j’ai souhaité jouer d’un instrument, alors j’ai commencé la batterie à 12 ans, j’ai continué jusqu’à mes 18 ans, retrace celui qui a grandi à Develier. Puis, j’ai arrêté, faute de motivation. J’avais l’impression qu’apprendre un instrument était plus mathématique qu’artistique…» Le jeune homme passe ensuite au chant. «J’ai pris des cours au lycée. C’était alors ma seule manière de m’exprimer musicalement.»
L’amour des platines
La musique électronique entre dans sa vie plus tard. «J’ai commencé à fréquenter des soirées de musique électronique en 2017. Mais c’est grâce à un ami DJ de Fribourg, également jurassien, que mon intérêt a vraiment grandi. Il mixe depuis plus longtemps et a organisé des événements. Le déclic s’est produit lors d’un événement appelé 212° au Nouveau Monde à Fribourg, organisé par Collectif Copains et Lephar.» Cette expérience l’a marqué. «La première fois que j’y suis allé, j’ai été captivé, impressionné par leur capacité à créer quelque chose simplement en enchaînant des morceaux. Cela m’a donné envie d’apprendre.»
Cependant, le jeune homme laissé le temps passer avant de se lancer réellement. «Il m’a fallu un ou deux ans pour me décider, explique encore Marco. J’ai demandé à cet ami jurassien de m’apprendre. Une après-midi de novembre 2023, il m’a montré comment cela fonctionnait. J’ai été fasciné par ses platines, j’y suis resté pendant trois heures. C’était vraiment génial, j’avais du mal à me concentrer sur autre chose.» Marco achète ensuite son premier équipement. «En février 2024, j’ai acquis mes premières platines et, depuis, c’est le grand amour, confie CHROM. C’est devenu essentiel pour moi, et je me concentre à 100% sur ce qui me passionne.»

Entre le Jura et Fribourg…
Avant de se produire devant un public, Marco Schaffner réalise des sets de house et hardgroove chez lui. «La première fois que j’ai joué devant des gens, c’était en mai dernier à Fribourg», sourit-il. Une soirée durant laquelle les platines sont mises à disposition de divers DJs souhaitant se produire. «Ma copine m’a envoyé une publication sur Instagram, se souvient-il. Cela faisait un mois et demi que je mixais. Au début, j’hésitais, mais finalement, je me suis dit: “Arrête de réfléchir. Vas-y, c’est fait pour ça!”» Cette première expérience est loin d’être un regret pour lui. «J’ai adoré participer à une soirée de l’autre côté des platines, affirme CHROM. J’étais heureux de pouvoir animer la soirée.»
Cette expérience lui donne l’envie de continuer à jouer en public. «Par la suite, j’ai envoyé des courriels et appelé des gens pour avoir d’autres occasions de mixer. C’est un travail de fond où l’on cherche continuellement de nouvelles opportunités.» Les rencontres se font aussi sur place. «Au fur et à mesure, on fait des rencontres inattendues. Parfois, au détour d’un événement, tu croises quelqu’un et, six mois plus tard, il te rappelle pour te proposer une soirée.»
CHROM se crée des opportunités entre le Jura et Fribourg. «Cette année, j’ai mixé deux fois à L’Appart en vieille ville de Delémont. J’ai réalisé des sets longs de cinq heures l’après-midi jusqu’au soir.» Ces longues sessions lui permettent d’apprendre. «Cela permet de construire une cohérence sur toute la durée du set.» Avec le temps, le jeune DJ a modifié sa manière de mixer. «Avant, je préparais mes sets de manière très stricte. Maintenant, j’ai arrêté, car cela enlève la beauté artistique.» Une part importante du travail se fait aussi chez lui, en amont. «Le plus gros du travail consiste à dénicher de la musique. Mais le plus difficile et le plus important est de trouver son propre son.» Et CHROM ne se limite pas à un seul style: «J’aime explorer les différentes nuances, car la musique électronique est riche en diversité».
Transmettre des émotions
«J’ai réalisé une deuxième fois l’Open Deck à Fribourg en décembre 2024, poursuit notre interlocuteur. C’est le set dont je garde le meilleur souvenir. C’était ma première fois devant un public de hardgroove, et cela a été un véritable coup de cœur. J’ai ressenti l’énergie que j’avais envie de transmettre. C’est ça que j’aime: réussir à transmettre une énergie par la musique que je joue. Transmettre une ambiance, une atmosphère, un “mood” ou une émotion.»
Et comment satisfaire le public, tout en proposant de nouvelles choses? «C’est à la fois génial et compliqué, note CHROM. Lorsque tu arrives à entrer en résonance avec le public, à communiquer ce que tu veux tout en respectant les goûts des gens, c’est une excellente soirée. Ils viennent pour s’amuser, et tu n’es pas là pour leur imposer quoi que ce soit.»
Lors des événements, qu’il soit aux platines ou non, notre artiste local est surtout marqué par les rencontres humaines. «J’ai eu l’occasion de découvrir de nombreuses belles personnes grâce au “DJing”. J’ai l’impression d’avoir trouvé des gens qui me ressemblent. Je n’ai pas encore eu de mauvaises expériences!» CHROM valorise le partage et la connexion avec le public. «Je veux faire vivre la musique électronique pour ce qu’elle a toujours été: un moyen de rassembler les gens, conclut-il. Cette musique permet aux gens d’être libres.»
Alexander Loncke