UNDERVELIER
Le big band de musique jazz et contemporaine de Haute-Sorne, le FUnB Orchestra, fêtera en grande pompe ses 150 ans d’existence le samedi 25 octobre à la halle des fêtes d’Undervelier. L’occasion de revenir sur l’histoire de la formation, qui autrefois était plus connue sous l’appellation Fanfare Union de Bassecourt.
Et «Qu’ça courge!». Tel est le nom de l’événement mis sur pied par le FUnB Orchestra pour fêter ses 150 ans d’existence comme il se doit. «Il s’agira d’un grand événement qui accueillera une foule d’invités, dont le PP Jazzband, un groupe de musique balkanique, les Los Parranderos et leur rythmes aux influences latino, une démonstration de batterie, un karaoké et, bien entendu, le FUnB Orchestra, détaille le directeur Gilles Schwab. Ce clarinettiste et saxophoniste professionnel a repris les rênes du big band en 2017. Et prévoit pour marquer le cap un événement entre concerts et animations, accompagnés par une partie culinaire et une fameuse soupe à la courge garnie, qui devrait ravir les papilles de l’assistance. «Tout ça associé à un marché artisanal qui accueillera nombre de producteurs régionaux qui exposeront leurs produits locaux.»
De la tradition à la modernité
Le FUnB Orchestra se présente aujourd’hui comme un ensemble jazz de forme big band, ou brass band, c’est selon. Sans entrer dans les détails, entendre par là que les instruments à vent sont omniprésents et que la musique est d’influence jazzy. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, comme nous l’explique l’ancien directeur Ruedi Mosimann. Le trompettiste d’Undervelier a tenu la baguette de l’ensemble durant 25 ans et est aujourd’hui toujours présent dans les rangs des musiciens du FUnB. Il fait figure de mémoire de cet ensemble: «C’est en 1875 que l’aventure est née avec la Fanfare Union de Bassecourt. Toutefois, cette dernière a dû cesser de jouer quelques années durant la Première Guerre mondiale avant de repartir de plus belle. Un instituteur a favorisé l’enseignement de la musique aux membres de la fanfare dans les années septante notamment. C’est ensuite en 1992 que j’ai pris la place de directeur, que j’ai gardée jusqu’en 2017», retrace l’intéressé, avant de nous en dire plus sur le changement de nom et d’orientation musicale de l’orchestre.

Une évolution qui s’est faite petit à petit: «Avec un esprit un peu anti-conformiste, j’ai voulu quelque peu rompre avec les traditions d’une fanfare typique. Dès lors, nous nous sommes orientés au fil des ans vers des sonorités jazzy et plus modernes, avant de devenir définitivement un brass band et de changer de nom en 2008 pour devenir le FUnB Orchestra. On peut retrouver ce genre de son et de style notamment dans les fanfares anglaises.»
Un morceau où coule la Sorne
Ruedi Mosimann, à son arrivée à la tête de la fanfare au début des années nonante, est tombé sur des gens ouverts d’esprit, tant humainement que musicalement. Ainsi, au fil des années et sous l’impulsion de ce dernier, le répertoire a sensiblement évolué et l’auditoire s’est élargi à un public plus éclectique, tandis que les musiciens ont troqué leurs traditionnels uniformes pour des tenues plus individualistes. Une musique plus swing, plus jazzy, flirtant parfois avec le funk, le latino ou le rock, et faisant la part belle à de nombreuses improvisations. Le FUnB Orchestra s’est également essayé à quelques concerts à thèmes comme le Buffet de la Gare, ou encore le Cabar’ à Jazz? avec notamment la chanteuse jurassienne Sophie Kummer. Ils ont même collaboré le temps d’un morceau avec le compositeur originaire de Berlincourt et aujourd’hui résident à Londres Nathan Stornetta, qui a travaillé étroitement avec Hollywood dans l’entreprise du compositeur renommé Hans Zimmer. Rien que ça! Le nom du morceau? «Elle coule cool».. Qui ça? La Sorne bien évidemment!

Un lien fort entre les générations
S’offrir le plaisir de jouer et transmettre ainsi leur énergie musicale au public, tel est le credo des membres de ce big band. «Nous comptons actuellement une quinzaine de musiciens venant principalement de Haute-Sorne. Sont également dans nos rangs quelques Ajoulots. Il y a de la trompette, du trombone, du saxophone, de la basse, de la batterie, de la guitare et du piano. Et pour chaque concert, nous invitons des chanteuses et des chanteurs sur scène», précise Gilles Schwab, avant de vanter la belle cohésion de cet ensemble: «Il y a des gens de tout âge, de 15 à 78 ans pour être précis. Et l’on retrouve un lien fort entre les générations, le but principal étant avant tout que les musiciens aient du plaisir à jouer ensemble». Sûr que les Gorges du Pichoux vont vibrer lors de ce 150e anniversaire. Et qu’ça swingue!
Romain Gogniat