DELÉMONT
Comment avez-vous découvert la poésie? «À la Fête du peuple jurassien, à 11 ans, en 1967. Notre grand poète Alexandre Voisard, décédé il y a une année, y avait lu son «Ode au pays qui ne veut pas mourir»… Et la foule entière, peut-être de 30 000 personnes, avait repris ses mots avec émotion… Je me suis dit: «La poésie, ça peut être ça!»
Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire? Au début, on écrit un peu par épanchement, pour poser sur le papier des sentiments, des impressions… Je n’écrivais pas pour être publié, mais à la suite du conseil d’une amie qui était journaliste, j’ai envoyé un manuscrit à une éditrice à Genève. Et celui-ci a été pris. Ce premier livre a été publié il y a 20 ans, en 2005.
Comment naît votre inspiration pour cette poésie de proximité? J’ai beaucoup écrit à partir de choses vécues dans le cadre de mon travail, le fait de travailler avec des personnes en situation de handicap, donc fragiles… J’ai aussi écrit sur les personnes âgées, le vieillissement, parce que j’ai ma mère qui a été pendant 13 ans dans un EMS avec la maladie d’Alzheimer. Ma source d’inspiration, ce sont les petites choses.
La vitesse fait des dégâts au niveau des relations humaines…
Philippe Rebetez
Est-ce que la poésie intéresse encore le public? Oui, contrairement à ce qu’on entend souvent dire, les gens s’intéressent vraiment à la poésie. Évidemment, on a souvent des traumatismes scolaires de la poésie, et son apprentissage par cœur. Mais la poésie, ça peut être simple. Dans ce que j’écris, il n’y a pas un mot à aller chercher dans le dictionnaire. Et, au vu des retours que j’ai, ça touche les gens…
Gens d’à côté, Philippe Rebetez, avec des illustrations par Emmanuel Wüthrich, Éditions L’Ail des ours, 2025.