COURFAIVRE
Début novembre, Ronan Bonnemain, 30 ans, a été sacré champion suisse de boxe anglaise amateure dans la catégorie poids lourds. Le Jurassien qui exerce la profession de gendarme s’est imposé deux rounds à un face à son adversaire, Arnold Panda. Le champion nous parle de sa passion, et de son parcours.
Malgré l’engouement actuel autour du MMA (pour arts martiaux mixtes), la boxe anglaise reste une discipline très appréciée. Ce sport de combat, surnommé le «noble art», connaît un regain de popularité ces dernières années. Ronan Bonnemain, habitant d’Alle et qui s’entraîne à Courfaivre, permet, grâce à l’exploit sportif qu’il a réalisé le 1er novembre dernier, de mettre encore un peu plus en lumière cette discipline dans notre région.
Une vocation et une passion
Ronan Bonnemain exerce la profession de gendarme, sa vocation. «J’ai décidé d’entrer dans les forces de l’ordre lorsque j’ai fini mon service militaire, nous confie-t-il. Je voulais faire un métier qui change de l’ordinaire et je voulais surtout rendre service à la population et c’est en grande partie pour ça que je suis devenu gendarme.» Mais le trentenaire a une vie en dehors de ce travail et a développé une passion pour la boxe anglaise, discipline dans laquelle il a débuté il n’y a pas si longtemps, comme il nous le raconte: «J’ai débuté par le kickboxing à la fin de l’année 2021, voire début 2022. Mais je me suis vite rendu compte que je ne donnais pas de coup de pied alors je me suis dis que je devrais m’orienter vers la boxe anglaise!»



Une très bonne initiative au vu de ses résultats récents: celui qui fait partie du club de combat Forum Sports et Arts Martiaux à Courfaivre, fondé par la championne Lauriane Merz, s’illustre dans sa nouvelle discipline de prédilection. Au fil de ces combats, celle-ci pense que ce sportif peut aller chercher le titre. «Je me suis dit que ça valait le coup alors je me suis entraîné comme un fou!», raconte-t-il.
Un entraînement intense et compliqué
Sous la direction du champion de boxe français David Radeff, Ronan Bonnemain s’entraîne dur pour être prêt le jour J. «Il m’a appris beaucoup de choses et permis de régler de nombreux détails qui m’ont été très utiles lors de mon combat». Pourtant, les aléas de la vie se mêlent à sa préparation lorsque, début août, le trentenaire est victime d’un accident de vélo: «Je me suis déboité le coude et dès lors, l’entraînement a été compliqué», nous confie-t-il en souriant.



Mais il en faudrait plus pour que le gendarme de profession abandonne. Aussi, et bien que ce soit son bras fort qui a été entravé, il poursuit sa préparation en se concentrant sur d’autres aspects de sa discipline, comme son jeu de jambes. Il pratique alors le «shadow boxing», qui consiste à frapper l’air sans impact ni adversaire. «J’ai également pu affiner mon sens tactique et les différentes stratégies qu’il faut mettre en place lors d’un combat. C’est très intense et il faut réfléchir très vite pour trouver la bonne parade ou la faille dans la garde de l’adversaire.»
Devant l’ambassadeur de RDC
La finale pour le titre de champion suisse se déroule le 1er novembre à Collombey-Muraz (VS). Ronan Bonnemain est fin prêt pour ce combat face à Arnold Panda, son adversaire du jour. Ce combattant lui rend coup pour coup et lui offre une résistance acharnée.
«C’était un beau combat, très appréciable, sans coup bas.»
Le boxeur jurassien remporte deux rounds, son adversaire un seul. Ronan Bonnemain est sacré champion suisse amateur de boxe anglaise en catégorie poids lourds. «C’était un match particulier, nous étions dans une petite salle de gym mais elle avait été aménagée avec un ring, des places assises et des écrans télés, nous raconte l’intéressé. De plus, nous avons appris avec mon entraîneur Léonard Fleury que l’ambassadeur de la République démocratique du Congo allait venir assister à la rencontre car mon adversaire, Arnold Panda, est originaire de ce pays». L’Ajoulot voit donc arriver ce dernier avec un short aux couleurs de son pays d’origine et avec le drapeau sur les épaules. «Nous avons pu faire une belle photo à la fin du combat avec tout le monde, c’était très sympa.»
Jérémie Miserez