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Simon Tabourat, champion du monde d’agility

Simon Tabourat a remporté fin septembre les championnats du monde d’agility en Suède en compagnie de son chien Lewis, qui a réalisé un parcours sans faute. Monter sur la plus haute marche du podium était un objectif de longue date pour le passionné de ce sport plutôt méconnu sous nos latitudes.

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BASSECOURT

Simon Tabourat a remporté fin septembre les championnats du monde d’agility en Suède en compagnie de son chien Lewis, qui a réalisé un parcours sans faute. Monter sur la plus haute marche du podium était un objectif de longue date pour le passionné de ce sport plutôt méconnu sous nos latitudes.

Le Jura a brillé à l’international fin septembre avec le premier sacre de Simon Tabourat et de son shetland Lewis aux championnats du monde d’agility à Kalmar, en Suède. Inscrit dans la catégorie «small» («petit», ndlr), en référence à la taille du chien, cet habitant de Bassecourt a ainsi réalisé un de ses rêves les plus fous pour sa troisième participation à un championnat du monde. «Remporter cette compétition, c’est le summum en agility!», nous confie cet installateur-électricien de 25 ans.

Une affaire de famille

En quoi consiste précisément cette discipline? «Il s’agit de parcours d’obstacles: mon chien les franchit, moi je le guide et cours à côté de lui. Courir à côté, c’est quand même très rapide…  Ce n’est pas une simple balade avec le chien! Nous sommes jugés sur le nombre de fautes, par exemple une barre de saut qui tombe, ou un refus d’obstacle, comme dans les compétitions pour chevaux. Les fautes commises priment sur le temps, mais il faut quand même tenir compte de la montre, car on peut subir des pénalités si l’on est trop lent. Du coup, ça passe ou ça casse!», nous détaille le maître-chien. «Les parcours sont toujours différents. Le conducteur, donc moi, prend connaissance du parcours seulement sept minutes avant d’entrer en piste. Puis on va chercher le chien, qui découvre les lieux à cet instant. Puis, c’est le moment de se lancer!», précise le «handler», dans le jargon.

Pour arriver à un tel niveau, Simon Tabourat a travaillé dur. «C’est en 2017 que j’ai fait mes premiers pas dans cette discipline. Au début, c’est ma maman qui pratiquait l’agility dans un club à Delémont. Un jour, son chien ne voulait rien savoir d’elle, c’est alors qu’elle m’a dit: “Tu pourrais essayer à ma place”. Et c’est comme ça que j’ai croché. Aujourd’hui je m’entraîne à Glovelier où nous avons une halle dédiée au-dessus du dépôt de chez Tabourat Electricité SA. Et, depuis le début de cette année, je m’entraîne également à Steinen dans le canton de Schwytz avec une copine qui est également dans l’équipe de Suisse», poursuit Simon Tabourat.

Au minimum deux heures par jour…

Quid des compagnons à quatre pattes de notre champion de Bassecourt? «Notre champion du monde est un shetland, c’est mon chien de tête actuellement. La toute première chienne que j’ai eue et qui est aujourd’hui à la retraite de compétition s’appelle Xcell. Elle vit toujours avec nous et c’est notamment en sa compagnie que j’ai participé aux championnats du monde en 2016 où nous avons terminé à la septième place, se rappelle notre interlocuteur. Elle a également été championne du monde junior en 2017. Le petit dernier s’appelle Max, un nouveau chien qui est tout jeune et que je vais préparer pour la suite. Il y a aussi Xena, qui a un caractère un peu spécial. Du coup, c’est un peu plus compliqué de travailler avec elle, les compétitions de haut niveau, ce n’est pas trop son truc. Ce sont des choses qui arrivent, les chiens ne sont pas tous destinés à devenir des champions, tout comme les humains. Tout le monde a ses différences!»

Le Jurassien souligne qu’il faut savoir écouter les animaux et ne manque pas de pointer la complicité qui peut s’installer entre l’humain et son compagnon. «Mes chiens font partie de la famille! Et je les garderai tous jusqu’à la fin. Ce n’est pas parce qu’ils ne pratiquent plus l’agility que l’idée me viendrait de les donner ou les vendre. De plus, je les prépare de A à Z. Ce n’est pas dans ma façon de faire d’acquérir un chien déjà tout prêt pour la compétition.» Quant à l’entraînement, celui-ci se veut complet. «Je promène mes chiens au minimum deux heures par jour pour les garder dans une condition physique qui est primordiale. Ils ne font pas que de l’agility, tout comme un hockeyeur ne s’entraîne pas uniquement sur la glace. Pour la pratique de l’agility, cela varie en fonction de l’agenda des compétitions. De plus, ils sont également suivis régulièrement par un l’ostéopathe.» 

De belles ambitions 

La suite pour notre champion jurassien à l’agenda bien chargé? «Après m’être rendu en Allemagne pour une compétition internationale, je participerai aux championnats de Suisse fin novembre, conclut Simon Tabourat. Cette victoire aux championnats du monde, je l’espère, va m’ouvrir des portes pour donner des cours – j’en donne déjà une demi-journée par semaine  – ou devenir entraîneur en Suisse ou ailleurs dans le monde. Cela figure dans mes objectifs futurs, tout comme continuer de courir avec mes chiens, notamment avec ceux qui sont encore jeunes. C’est ça qui me plaît. C’est sûr, je vais continuer dans ce domaine!»

Romain Gogniat

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