DELÉMONT
Mike Petignat, 24 ans, a combattu en novembre dernier à Collombey-Muraz (VS) pour le titre suisse des moins de 63,5 kg en kickboxing. Après une année marquée par une blessure douloureuse et un arrêt brutal, celui qui s’entraîne à Delémont est revenu avec la rage de vaincre. Malheureusement, le Jurassien s’est incliné lors de cette finale.
En 2024, alors qu’il s’apprête à disputer la finale nationale, Mike Petignat encaisse un violent KO qui lui fissure l’os temporal gauche. «J’avais terminé premier de ma catégorie, mais je n’ai pas pu combattre en finale.» L’épreuve laisse des traces. «Les semaines suivantes ont été compliquées, raconte le Jurassien, qui vit à Charmoille et s’entraîne à Delémont. J’ai passé une nuit en observation. On m’a parlé de microchirurgie, sinon je risquais d’être défiguré.» Heureusement, la cicatrice est invisible, mais la frustration, elle, est restée. «Le plus dur, c’est de se dire que tu travailles toute l’année pour ce moment, et que tout s’arrête avant la fin», confie celui qui a grandi à Vendlincourt.

Après sa blessure, Mike a tout repris à zéro. «En 2025, je me suis concentré uniquement sur la compétition de la SCOS (pour Swiss Combat System, la fédération nationale de combat, ndlr). J’ai aussi combattu pour la WAKO, une fédération internationale.» Finalement, le 1er novembre dernier, il a disputé la finale de la SCOS, mais a malheureusement perdu aux points suite à la décision des juges.
«Ce n’est pas grave, c’était un beau combat, raconte Mike. De nombreux spectateurs sont venus me féliciter par la suite et ils étaient en désaccord avec la décision des juges. Mais bon, il ne peut y avoir qu’un seul champion!»
Une préparation complète
Dans ce sport, chaque geste compte. Les juges évaluent la technique, la maîtrise du ring et l’agressivité. «L’agressivité devient un problème quand tu ne la contrôles plus, explique le sportif ajoulot. Mais tu en as besoin si tu veux gagner.»
Sa préparation est un mélange de rigueur physique et de discipline mentale. Deux semaines avant un combat, il élimine le sucre ajouté et interrompt la musculation. «La semaine de la compétition, je ne mange plus que des salades le soir, je bois cinq litres d’eau par jour, puis j’arrête deux jours avant la pesée,» précise-t-il. Objectif: perdre l’eau corporelle pour atteindre le poids réglementaire. «Ne pas faire le poids, c’est un manque de respect pour l’organisation et pour ton adversaire», souligne le Jurassien.

Le jour du combat, place à un rituel bien rôdé. «J’aime bien venir tôt pour la pesée. Comme ça, je peux manger tranquillement après.» Prendre son temps et rester concentré est essentiel à la préparation. «Tu connais ton adversaire et l’heure du combat le jour même. Donc tu organises ton alimentation en fonction de ces informations. Une heure avant la rencontre, tu commences à t’échauffer.»
La respiration permet aussi à Mike de se concentrer «Je prends cinq à 10 minutes pour respirer. Je me concentre et j’oxygène mon cerveau.» Il peut ensuite affronter son adversaire sur le ring. «Un combat dure 15 minutes. Et quand c’est terminé, on prend une douche puis on va boire un verre!»
«Combattre contre soi-même»
Avant de monter sur le ring, Mike jouait au foot. «J’ai commencé le kickboxing au moment du divorce de mes parents. C’est mon père qui a débuté et il m’a poussé à essayer. J’ai ensuite arrêté le foot car mon ancien coach, Farid Remini, m’a invité à son gala, le King of the Ring, et je voulais m’entraîner à fond pour cet évènement.»
Aujourd’hui, Mike s’entraîne à Delémont, au club de Jordan Comte, le Team Fight Kick-Boxing. «Je m’entraîne les lundis, mercredis et jeudis, détaille-t-il. Le jeudi, je donne aussi cours avec Bruno Quiquerez et Ally Verfaillie. Le vendredi, c’est entraînement individuel avec Jordan, et le samedi, je cours et je fais de la musculation.» L’équipe a également intégré un accompagnement mental dirigé par la coach Marion Gyseler. Une dimension que ces sportifs doivent prendre en compte pour performer. «Je doute souvent, reconnaît Mike. Même si on est deux sur le ring, il faut parfois combattre contre soi-même.»
Le soutien de son équipe apporte énormément au moral du combattant. «On croit que les sports de combat sont individualistes, mais c’est faux. explique Mike. Sans ton équipe, tu ne tiens pas. Ce soutien est essentiel car, quand tu commences à douter, c’est là que tu perds. Mais si tu gardes confiance et que tu reprends le dessus sur toi-même, tu gagnes.»