VICQUES
Le décès du musicien jurassien Manu Kummer en septembre 2023 a laissé un grand vide dans les cœurs de ses nombreux amis. Afin de célébrer sa vie et sa musique, le groupe Nightbird, dont il fut le guitariste, remontera sur scène le samedi 29 novembre à l’Atrium pour une soirée hommage qui promet d’être aussi mémorable que lumineuse.
De nombreuses personnes ont été affectées par la disparition subite, en automne 2023, du musicien de Vicques Manu Kummer, alors âgé de 55 ans. En tant que guitariste, bassiste et contrebassiste, celui-ci a accompagné sur scène de nombreux musiciens de la région et a écrit et composé au sein de plusieurs formations. Le Jurassien était également professeur de guitare et a transmis son amour de la musique avec passion.
Pour lui rendre hommage, ses compagnons de scène du groupe Nightbird donneront un concert en sa mémoire le samedi 29 novembre à 20h à l’Atrium de Vicques. «Lors de cette soirée, nous aurons la chance d’accueillir Serge Kottelat à la guitare qui remplacera Manu Kummer, nous explique Cédric Eschmann. Celui-ci a tout de suite accepté notre proposition et les répétitions ont pu commencer dans notre local à Montsevelier. Serge Kottelat, qu’on a notamment pu apercevoir avec l’Ensemble vocal Evoca, est quand même une sacrée figure de la musique dans la région… C’est un bel hommage à Manu de sa part de s’être mis à disposition du groupe à l’occasion de cet événement.» Dans le groupe Nightbird, le public pourra retrouver Philippe Champion à la basse, Sébastien Berdat à la batterie, Cédric Eschmann au piano, ainsi que Sylvie Widmer au chant.
Nightbird, des reprises soul et jazz
Nightbird, c’est au départ un «tribute band» de l’artiste américaine Eva Cassidy. «Celle-ci interprétait beaucoup de reprises jazz et blues à sa sauce en mettant plus de punch et de rythmique comme dans le classique soul “Ain’t No Sunshine” ou dans la chanson “Fever”, reprise également par Elvis Presley. Dès lors, nous proposerons du jazz, du blues, et certains morceaux un peu plus rock», détaille notre interlocuteur, avant de nous en dire un peu plus sur les prémices de ce projet musical: «Je possédais l’album “Nightbird” d’Eva Cassidy enregistré live et qui a connu un grand succès. Dès lors, l’idée a été de reprendre ses chansons à notre couleur. J’ai alors contacté des amis musiciens, dont Manu Kummer, qui ont tout de suite été emballés par le concept. Alors plutôt contrebassiste dans ses nombreuses formations, le Manu a été enchanté de pouvoir se mettre à la guitare avec le groupe. Et, de fil en aiguille, le projet s’est lancé début 2020 et nous sommes montés sur scène pour la première fois à l’Atrium de Vicques juste avant la crise du covid», retrace le pianiste.

«Rester sur une note positive»
Célébrer la vie et la musique de Manu Kummer, se faire plaisir en tant que musiciens et faire plaisir au public, voilà les objectifs de cette soirée. «Il y aura certainement quelques anecdotes sur le Manu lors du concert. Toutefois, si hommage lui sera rendu, la soirée ne sera pas celle où tout le monde pleure et ne sera pas uniquement axée là-dessus. Nous voulons juste faire un bon concert et rester sur une note positive», souligne le musicien, qui ne tarit pas d’éloges à l’encontre de son défunt pote musicien. «C’était l’artiste par excellence!(rires) Avec son côté génial et son intelligence, il était souvent dans son monde. Parfois il réfléchissait et tac! Il te sortait un truc incroyable à la basse. Avec lui, ce qui était également sympa, c’est qu’on pouvait causer de tout, il avait une culture assez impressionnante», se remémore Cédric Eschmann.
Trouver l’amour avec L’Homme-Hareng Nu
Au-delà du groupe Nightbird, Manu Kummer a fait partie de nombreuses formations régionales dont le FUnB Orchestra, Glo’Gospel ou encore avec Fox Kijango, qui nous confie une belle anecdote. «Il y a de ça quelques années, nous avons donné un concert chez un privé dans un jardin à Delémont avec Folux & son Orchestre. Lorsque nous avons entamé une chanson “politique” aux paroles plutôt virulentes, écrite par Manu, un voisin caché derrière une grosse haie a commencé à nous traiter de tous les noms, tandis que nous, de l’autre côté, on se bidonnait! Manu adorait ça, provoquer frontalement, d’une manière quelque peu adolescente», lâche, hilare, Fox Kijango.
Manu Kummer écrivait, et il l’écrivait bien. C’est avec son ami Laurent Steulet qu’il a mis quelques-uns de ses plus beaux textes en musique, avec L’Homme-Hareng Nu. «Manu-Laurent, Laurent-Manu. Lau-Ma-Rent-Nu, mais oui c’est cela! L’Homme-Hareng Nu!» Des chansons d’amour, d’humour et d’humeur, avec lesquelles ils ont gagné la Médaille d’Or de la Chanson à Saignelégier en 2007. Laurent Steulet se souvient d’un tournant de sa vie: «A l’époque, nous nous produisions beaucoup à Genève. Lors d’une fin de soirée quelque peu arrosée, Manu me pleurait dans le gilet comme quoi il ne trouverait jamais l’amour. Je lui ai alors répondu: “Manu regarde ce tapis rouge à tes pieds, là, eh bien je te promets que dessus tu rencontreras l’amour!” C’est ainsi qu’il a fait la rencontre de sa compagne qui est venue ensuite s’installer avec lui dans le Jura. Et c’est d’ailleurs elle qui l’a incité à écrire des textes. Grâce à L’Homme-Hareng Nu, tout ce dont rêvait Manu, il a pu le réaliser», conclut, nostalgique, Laurent Steulet.
Romain Gogniat
Plus d’informations et réservations sur viculturelle.ch