DELÉMONT
Niché sur les hauteurs du chef-lieu, le CABI est peu connu des habitants de la Vallée mais travaille pourtant sur des questions qui concernent tout le monde. Depuis son installation vadaise en 1958, le centre rayonne sur toute la planète avec ses recherches dans le domaine de la lutte biologique contre les parasites et les espèces invasives.
La «maison des mouches» accueille «32 employés permanents, sur environ 500 dans le monde entier, avec 12 nationalités différentes. Mais tout le monde vit dans la région», explique Wade Jenner, directeur de l’institut depuis 2021. Cette organisation mondiale à but non lucratif est détenue par 48 pays membres.
Trouver des solutions biologiques naturelles
Fondé en 1910 pour fournir solutions et connaissances aux agriculteurs des colonies de l’empire britannique, sa mission reste identique aujourd’hui: trouver des moyens biologiques — donc naturels — de lutter contre les invasions de plantes et d’insectes exotiques.
«La mouche Suzukii abîme les fruits en y pondant bien avant leur maturité. Notre parade naturelle: un petit parasite qui grandit dans le corps de la mouche et la tue.»
Wade Jenner, directeur du CABI depuis 2021
Parmi d’autres grands projets récents, le CABI a été à la pointe de la lutte contre les invasions de frelons asiatiques. «Au début, notre rôle a été de comprendre son arrivée dans la Vallée, de trouver l’ennemi. Nous sommes bien connectés aux apiculteurs, parce que ce sont eux qui souffrent le plus, et nous appellent, presque chaque jour.»
Une chance pour le Canton du Jura
Le ministre de l’agriculture Stéphane Theurillat se réjouit de la présence du CABI dans la Vallée, autant «pour la fierté d’avoir cet institut de référence internationale installé dans le canton que pour son utilité concrète pour les agriculteurs de la région». Puisque pour lutter, la meilleure méthode reste «de trouver des antagonistes naturels», c’est une immense «chance pour nous de pouvoir nous appuyer sur le CABI qui est un pionnier de cette orientation scientifique».