DISTRICT
La jeune association Terre de Feu vise à promouvoir la santé et le bien-être, mental et physique, au sein de la famille, pour des parents en couple ou en solo. Par du coaching et du marrainage, cette structure, présente dans le Jura et le Jura bernois, souhaite épauler au mieux celles et ceux qui le souhaitent dans leur apprentissage de la parentalité.
Permettre aux parents de gérer au mieux leurs soucis en lien avec la parentalité, voilà la mission que s’est donnée depuis 2021 l’association Terre de Feu. «Nous proposons une aide qui n’existe nulle part et nous sommes actuellement à peu près 80 membres», nous explique la présidente Martine Rubli. Cette sage-femme à l’hôpital de Delémont de 63 ans, mariée et mère de trois grands enfants, souhaitait rendre service à des parents qui, parfois, peuvent se sentir submergés face à l’ampleur de la tâche.

«Nous sommes là pour tout le monde.»
Terre de Feu veut aider les familles qui sont en difficultés, qui ont du mal à gérer leur quotidien mais aussi qui peuvent se sentir isolées: «La famille nucléaire est devenue la norme de notre époque, poursuit la responsable. Nous remarquons que les personnes ont des difficultés à nouer des liens, à trouver des repères et à ce qu’on leur apporte du soutien dans leur expérience de la parentalité.»
Concrètement, cette association propose des cours et de l’aide ponctuelle pour les parents ou les couples afin qu’ils puissent s’en sortir dans ces moments compliqués: «Nous sommes là autant pour les jeunes parents que pour ceux qui attendent un heureux événement ou d’autres. De plus, nous ne venons pas à l’aide uniquement de parents qui sont au bord du gouffre et en grande difficultés. Nous sommes là pour tout le monde.» En cas de besoin, Terre de Feu peut également offrir un hébergement aux parents en difficulté, à court et moyen termes.
Cette structure a également mis au point un système de «marrainage» qui permet à l’une des bénévoles d’aider un parent ou un futur parent à gérer les petits et les grands tracas de leur nouveau mode de vie: «Nous pouvons les aider à faire le ménage, les accompagner à faire les courses, faire des balades avec eux, etc». Un accompagnement sur-mesure, qui peut soulager. «La marraine peut également être juste présente pour pouvoir discuter autour d’un café. Le but est d’aider le parent à ne pas se sentir désemparé. Mais il ne faut pas non plus penser que la marraine est une femme de ménage, elle peut rendre de menus service mais elle reste avant tout un soutien ponctuel et une épaule sur laquelle s’appuyer.»

Entre chaleur humaine, entraide et sécurité
Alors, pourquoi ce nom «Terre de Feu»? Ce dernier fait référence à un événement que vécurent ceux qui firent le premier tour du monde avec Magellan, comme nous le raconte Martine Rubli: «Les marins étaient complètement perdus et désespérés et tout à coup ils sont tombés sur cette terre au bout de l’Amérique du Sud qu’ils baptisèrent Terre de Feu. Cette étape, loin de tout, alors qu’ils ne voyaient pas de moyens de s’en tirer, leur a permis de s’en sortir et d’être aidés par les autochtones. Ceux-ci les ont soutenus en leur offrant de la chaleur humaine, de la nourriture. C’est un peu ce que nous voulons proposer aux parents qui souhaitent qu’on les aide.»
Pour l’heure, la jeune association suit des familles dans la Vallée, à Moutier et à Court. Et dans l’optique de faire grandir l’association, Terre de Feu se met en quête de femmes qui seraient intéressées à devenir marraines: «Nous cherchons des profils de personnes qui ont l’habitude de travailler avec des enfants ou qui travaillent dans le domaine du social et de la santé. La marraine est également formée pour accompagner au mieux sa filleule.» Une formation est donnée lors de deux samedis sur les thèmes du psychisme de la femme enceinte ainsi que des différentes manières d’aider des parents dans un foyer.
L’association souhaiterait se doter de locaux qui lui permettraient d’accueillir les gens avec plus de facilité. «Nous voudrions déjà avoir un endroit à Delémont et puis peut-être ensuite dans les autres districts», espère Martine Rubli.
Jérémie Miserez