DELÉMONT
Un spectacle sur scène faisant écho à un livre, ou l’inverse, c’est selon. Toujours est-il que le projet a pris son envol suite à une rencontre, un hasard, et le journal de vie dessiné de l’illustratrice jurassienne Débora Beuret-Strambini en est le point de départ.
«J’ai rencontré Marielle Pinsard dans un restaurant, il y a maintenant quelques années, confie l’artiste. J’étais en train de montrer un de mes cahiers de dessin à une amie et la metteuse en scène était alors assise à la table juste à côté. Intriguée, elle s’est approchée de notre table afin de regarder de plus près mes dessins. Elle m’a ensuite demandé si elle pouvait m’emprunter mon cahier. Voilà le début de l’histoire et de notre collaboration!»
Pour tous les âges
À écouter Débora Beuret-Strambini, cette création de théâtre jeune public l’a tout de suite enthousiasmée et ce malgré le propos délicat de cette œuvre. «Le texte de base qui a été écrit par l’enseignante Marie-Thérèse Picard parle de violence familiale. Si, dit comme cela, cela peut paraître un peu dur, il n’y a pas que ça. L’histoire évoque plutôt nos peurs, nos parts d’ombres, et il est possible d’aborder cette pièce de plusieurs manières. Le sujet n’est pas traité de manière à noyer le poisson, ni de manière frontale.»
Une véritable touche-à-tout
Le travail de Débora Beuret-Strambini met en lumière la puissance de l’imaginaire comme force de transformation et de résistance. En véritable touche-à-tout, ses créations prennent vie sur différents supports. «En travaillant sur la pièce ainsi que sur le livre, j’ai développé plein de choses différentes. Des planches originales, des boîtes à monstres, des animations à l’eau et autres installations. Sur scène, j’ai une espèce de « four à pizza » avec une caméra à l’intérieur. Tout ce que je fais, touche et manipule, est projeté au fond de la scène en direct sur une grande toile.»