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Le Noirval, sa cuisine faite maison, en famille et avec vue sur le lac

Aux confins du district, joliment installé au bord de son lac, le Noirval ravit les papilles des Vadais et des touristes de passage à Lucelle depuis bientôt 50 ans.

© Clément Charles – La Vallée Magazine

LUCELLE

Aux confins du district, joliment installé au bord de son lac, le Noirval ravit les papilles des Vadais et des touristes de passage à Lucelle depuis bientôt 50 ans. À la tête de cette activité familiale dédiée à l’accueil et à la mise en valeur des produits locaux, Lucien Fankhauser se met à table avec nous.

En amuse-bouche, le patron raconte l’histoire du restaurant… qui se confond avec celle de sa famille:

«Mes grands-parents se sont installés à Lucelle en 1939. Sans que ce soit vraiment officiel, ils faisaient déjà un peu de restauration, mais ce n’est qu’au début des années 1960 qu’ils ont ouvert l’Auberge de Lucelle. En 1973, ils ont ouvert le Motel Noirval, qui a été tenu à ses débuts par ma maman, Suzanne. C’est elle aussi qui a repris l’auberge à mon oncle en 1988, avant de nous transmettre tout cela à ma sœur et moi, en 2003.»

En entrée, un lieu idyllique à la croisée des pays 

Au cœur du hameau transfrontalier et de ses vieilles pierres, pile en face du lac, le bâtiment moderne du Noirval rend de multiples services aux habitants du coin comme aux visiteurs de passage, avec sa station-service, son petit kiosque bien garni et, bien sûr, son restaurant avec terrasse. 

Et ce, même si les habitudes changent, notamment pour les clients frontaliers.

«Il y a beaucoup plus de passage, mais beaucoup moins d’arrêts. À l’époque, les frontaliers venaient de Laufon, de Delémont… Ils s’arrêtaient, ils fumaient une clope et buvaient une bière, voire une deuxième, puis repartaient chacun chez eux. Il y a 25 ans, un véhicule sur deux s’arrêtait. Aujourd’hui, on doit être à un sur 15!»
explique Lucien Fankhauser, qui a grandi dans le hameau. 

Pour les motos, la situation est différente, avec la localisation centrale de Lucelle pour les touristes à deux-roues. «Nous avons beaucoup d’Argoviens, de Bâlois, de Soleurois qui viennent. Ils aiment s’arrêter ici – pour le café, le lac, mais aussi la station-essence – avant de partir en France, dans le Grand Vallon ou bien dans le Doubs.»

En plus de son statut de site naturel protégé, le plan d’eau apporte une source de fraîcheur bienvenue… «Il fait toujours quelques degrés de moins ici que dans la Vallée, ce qui est très apprécié pendant les grandes chaleurs», précise le restaurateur, qui connaît bien les attentes des clients de la région.  

En plat, des spécialités historiques et la passion du fait maison 

Le fait main se manifeste dès l’entrée: le délicieux fumet du pain maison embaume tout l’espace et ouvre l’appétit.

«Nous faisons notre propre pain depuis l’époque de mes parents. C’était plus simple de le faire ici que de courir dans une boulangerie à Develier… Au début, ce n’était que pour nous, mais les gens le demandaient, et maintenant c’est devenu une habitude pour beaucoup de venir prendre le pain chez nous une à deux fois par semaine.»

Côté carte, on reste dans les classiques qui plaisent aux gens du canton, poissons d’eau douce et bonne viande de proximité.

«Ma mère avait une recette – la truite qui chante – que l’on faisait à l’époque à l’Auberge. C’est une truite cuite au bleu (saisie dans un court-bouillon vinaigré, ndlr) qui est servie sur une assiette très chaude avec du beurre. Quand ça arrive sur la table, ça pétille, ça chante…», précise le patron, souvent aussi en cuisine. 

Dans le canton et au-delà, l’endroit jouit aussi d’une réputation pour la Saint-Martin, en proposant la complète autant que les spécialités à la carte tous les jours, midi et soir. «On fait nous-mêmes la gelée, le boudin, le boudin blanc – qui est devenu rare –, les atriaux et les saucisses. Après, tout ce qui est fumé, on le prend chez le boucher», confirme le propriétaire.  

Côté fournisseurs, le Lucien vise les circuits courts et les produits locaux. Par exemple, la farine du moulin de Vicques, la fondue de la laiterie de Bourrignon, le gibier de la boucherie Di Biaso à Bassecourt et des salades du Haut Plateau. Pour ce qui est des truites, elles arrivent tous les 15 jours de la pisciculture Choulat puis attendent le client dans un vivier sur place, pour servir des poissons cuits à la minute. 

En dessert, continuer à évoluer et préparer l’avenir 

Si le covid a signé la fin de l’activité hôtelière du motel, les projets d’avenirs sont nombreux pour continuer à proposer des activités originales pour les locaux et les touristes. Alors que les accès au tour du lac ont été rénovés et sont désormais accessibles aux personnes à mobilité réduite, le patron travaille en ce moment pour relancer le mini-golf en face de la terrasse, une activité qui avait laissé de bons souvenirs à de nombreux habitants de la Vallée.

Parent de quatre enfants, aidé par son père et son épouse au quotidien, Lucien Fankhauser conjugue chaque jour vie de famille et travail. En caressant l’idée de pouvoir transmettre si la descendance, que l’on voit souvent aider au service, se destine à prendre la suite de l’aventure familiale. «On verra… On espère», conclut l’entrepreneur avec un sourire.

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